« The Cool World » de Shirley Clarke

par Hugues

Duke passe ses journées à courir après un flingue, enfin d’abord courir après les sous pour se procurer le pétard, symbole de pouvoir, de crainte et donc d’un certain respect qui ferait plus penser à de l’intimidation.

Entre un rêve obsessionnelle et une réalité dur comme l’asphalte.

Faut dire que quand on ballade les enfants pauvres de Harlem pour une excursion organisée dans le beau Manhattan, avec sa grande bibliothèque, Wall Street, ses endroits bien propres et prospères, ça ne leurs donnent pas forcement envie d’aller gagner leurs vies à cirer les chaussures des bourgeois.

Alors Duke court dans tous les sens sur fond de jazz propulsés par l’urgence, encore et toujours l’urgence ou la glandouille.

le jeune acteur Hampton Clanton, « Duke » dans le film

Dizzy Gillespie, Yusef Lateef et les autres musiciens habillent ce film de jazz nerveux, vifs mais aussi de blues cuivrés et solitaires, chaque thèmes accompagnent les différentes scènes avec une grande justesse.

Ici la ville en elle même est plus qu’un décor, c’est un personnage omniprésent, une musique désarticulée.

« The Cool World » c’est des bouts de vies dans un Harlem hallucinant qui ne laisse pas de place au confort, difficile d’y grandir à son rythme, pas le temps, pas assez d’espace.

Pas de place pour la tendresse non plus du coup, si ce n’est le temps de quelques rares interludes magiques.

C’est un film entre cinéma vérité et balai urbain, pas étonnant que sa réalisatrice Shirley Clarke soit issue du milieux de la danse.

La réalisatrice Shirley Clarke

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