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SATAN (The Penalty)

La semaine dernière avait lieu un ciné-concert à la cinémathèque de Toulouse dans le cadre du festival Extrême Cinéma avec sur l’écran le film « The Penalty » (1920) de Wallace Worsley et pour la performance musicale le groupe Va Rog Domnule qui construit une musique anxiogène, nerveuse et crépusculaire réalisé avec violoncelle, basse et ferraille.

Une musique qui rappelle par moments la B.O que  Neil Young avait enregistré pour le film « Dead Man« , les percussions inquiétantes issues d’un album de Tom Waits, les intros les plus menaçantes de Black Sabbath ou encore du Rock Noise bien gras.

Le groupe Va Rog Domnule c’est bien plus que tout ça et il y a même un terme pour le désigner, c’est du Post Grün !

C’était d’ailleurs plus qu’un ciné-concert, c’était une expérience sensorielle, les compositions et impros  de Va Rog Domnule ont complètement implosées avec ce film étrange et captivant.

« The Penalty » de quoi ça parle ? L’histoire met en scène un estropié du nom de Blizzard qui veut régler ses comptes avec le destin et il se trouve que ce dernier n’est pas moins que le chef d’une voyoucratie souterraine qu’il tient d’une main de fer.

Ce film réalisé avant la mise en place du code Hays ose et dérange presque (?) autant que le « Freaks » de Tod Browning.

Le rôle principale est tenu par le mutant Lon Chaney Sr, un acteur au physique taillé dans la pierre avec une capacité à se transformer assez incroyable, il a joué dans « Le Fantôme de L’opéra » mais aussi dans « Larmes de Clowns« .

Faux-semblants …

D’autres ciné-concerts sont à venir prochainement, pour en savoir plus surveillez l’actualité du site de la cinémathèque de toulouse.

« The Cool World » de Shirley Clarke

Duke passe ses journées à courir après un flingue, enfin d’abord courir après les sous pour se procurer le pétard, symbole de pouvoir, de crainte et donc d’un certain respect qui ferait plus penser à de l’intimidation.

Entre un rêve obsessionnelle et une réalité dur comme l’asphalte.

Faut dire que quand on ballade les enfants pauvres de Harlem pour une excursion organisée dans le beau Manhattan, avec sa grande bibliothèque, Wall Street, ses endroits bien propres et prospères, ça ne leurs donnent pas forcement envie d’aller gagner leurs vies à cirer les chaussures des bourgeois.

Alors Duke court dans tous les sens sur fond de jazz propulsés par l’urgence, encore et toujours l’urgence ou la glandouille.

le jeune acteur Hampton Clanton, « Duke » dans le film

Dizzy Gillespie, Yusef Lateef et les autres musiciens habillent ce film de jazz nerveux, vifs mais aussi de blues cuivrés et solitaires, chaque thèmes accompagnent les différentes scènes avec une grande justesse.

Ici la ville en elle même est plus qu’un décor, c’est un personnage omniprésent, une musique désarticulée.

« The Cool World » c’est des bouts de vies dans un Harlem hallucinant qui ne laisse pas de place au confort, difficile d’y grandir à son rythme, pas le temps, pas assez d’espace.

Pas de place pour la tendresse non plus du coup, si ce n’est le temps de quelques rares interludes magiques.

C’est un film entre cinéma vérité et balai urbain, pas étonnant que sa réalisatrice Shirley Clarke soit issue du milieux de la danse.

La réalisatrice Shirley Clarke

Cleveland contre Wall Street : « Leurs Bonus sont indexés sur mon malheur »

The Proposition

J’aime quand un film ne me laisse pas totalement indemne, quand j’y ai laissé un peu de moi même en sortant de la salle, et que je repars avec un peu de sa substance.

Je ne saurais donc que trop vous conseillez « The Proposition« , un western crépusculaire poignant dans l’Australie colonisée par l’armée britannique, où histoire de fratrie, hypocrisie chrétienne, loi de l’homme et chairs en décomposition côtoient le climat aride et les paysages désertiques de la terre des aborigènes.

Samuel Stote: What’s a misanthrope, Arthur?

Two Bob: Some bugger who fucking hates every other bugger.